Le 14 octobre 2026, GSK a annoncé un projet de restructuration susceptible de supprimer jusqu'à 1217 emplois en Belgique. Cette annonce souligne l'importance de la loi Renault, qui encadre la procédure de licenciement collectif et vise à limiter les suppressions d'emplois ainsi qu'à en atténuer les conséquences sociales.

A partir de quand parle-t-on de licenciement collectif ? 

En Belgique, la loi Renault encadre les licenciements collectifs pour des raisons non liées aux travailleurs eux-mêmes. Sur une période de 60 jours, les seuils sont les suivants :  

  • 10 travailleurs ou plus dans les entreprises de 21 à 99 travailleurs ;
  • 10 % du personnel ou plus dans les entreprises de 100 à 299 travailleurs; 
  • 30 travailleurs ou plus dans les entreprises d'au moins 300 travailleurs. 

Exemple 
Une entreprise de 200 travailleurs a licencié 4 travailleurs le 1er septembre, 10 travailleurs le 4 octobre et 6 travailleurs le 20 octobre. 
Dans ce cas, le seuil de 10 % du personnel est atteint sur une période de 60 jours.
C'est donc un licenciement collectif, et la procédure prévue par la loi Renault doit être respectée. 

Procédure à respecter par l'employeur

L'employeur doit suivre une procédure stricte avant de mettre en oeuvre un licenciement collectif. 

Il doit :

  • annoncer l'intention de faire un licenciement collectif aux travailleurs concernés ;
  • informer les représentants des travailleurs et les consulter, pour examiner les possibilités d'éviter ou de réduire les licenciements et pour en atténuer les conséquences ; 
  • notifier le projet de licenciement collectif aux autorités compétentes, selon les modalités légales ; 
  • respecter la période d'attente de 30 jours, pendant laquelle les représentants des travailleurs peuvent formuler des objections sur le respect de la procédure de licenciement ; 
  • mettre en oeuvre les licenciements, une fois les étapes requises accomplies, et sous réserve des éventuelles objections fondées et des obligations complémentaire applicables. 

Si l'employeur ne respecte pas la procédure 

Les travailleurs peuvent contester les manquements de l’employeur, mais dans des délais stricts.

Plusieurs recours se prescrivent en 30 jours.
Le point de départ dépend de la démarche.

Si le tribunal ou l’employeur reconnaît le manquement, plusieurs conséquences sont possibles.
Selon le cas : 

  • le préavis peut être suspendu ;
  • le travailleur peut être réintégré ;
  • les salaires perdus peuvent être payés. 

Indemnités et soutien

Un licenciement collectif peut donner droit à une indemnité spécifique, à certaines conditions.

En cas de fermeture d’entreprise, une indemnité de fermeture peut aussi être payée, si les critères requis sont remplis.

Si l’employeur ne paie pas certaines sommes dues, le Fonds de fermeture des entreprises peut payer certaines rémunérations impayées et indemnités de rupture. 

Une cellule pour l’emploi peut aussi être mise en place, pour accompagner les travailleurs dans leur recherche d’un nouvel emploi.
Cet accompagnement peut notamment comprendre des services d’outplacement et des mesures de reclassement professionnel.

Les bons réflexes pour les travailleurs

  • Se renseigner sur la procédure et sur le calendrier prévus.
  • Se rapprocher de la délégation syndicale ou des représentants du personnel.
  • Vérifier ses droits pour le préavis, les indemnités et les allocations.
  • Etre attentif aux délais pour contester une éventuelle irrégularité.
  • S'informer sur les possibilités de reclassement, d'outplacement et de reconversion professionnelle.  
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