Lors d'une manifestation, la police peut priver une personne de liberté, de manière administrative ou judiciaire. La durée, les motifs et les droits diffèrent selon le cas. Le point sur les règles applicables.

Arrestation administrative

Dans ce cadre, la police a pour but de maintenir ou de rétablir l'ordre public, c'est-à-dire la sécurité publique.

La privation de liberté ne peut pas durer plus de 12 h, ou moins si le motif disparaît.

Justifier

L’arrestation doit être justifiée par une des raisons suivantes :

  • une entrave à la mission de la police d'assurer la liberté de circulation ;
  • une atteinte effective à la tranquillité publique ;
  • des motifs raisonnables de croire qu'une infraction grave à la tranquillité ou à la sécurité publiques se prépare (comportement, indices, circonstances), pour l'empêcher ;
  • une infraction grave en cours, pour la faire cesser.
Obligations de la police

La police doit respecter certaines obligations :

  • informer la personne sur la privation de liberté, sur ses raisons et sur sa durée maximale ;
  • avertir une personne de confiance (refus possible en cas de danger pour l'ordre public ou la sécurité, mais décision motivée dans le registre) ;
  • assistance médicale, ou à défaut examen par un médecin de son choix, à ses frais ;
  • eau potable en suffisance, sanitaires adéquats et repas selon le moment.

    Arrestation judiciaire

    Ici, la police a pour but de rechercher les infractions, d'en rassembler les preuves et de remettre les auteurs des infractions aux autorités de justice.

    La privation de liberté ne peut pas durer plus de 48 h dès la perte de la liberté d'aller et venir (dès l'interpellation, par exemple dans la rue).

    Au-delà de 48 h, il faut un mandat d'arrêt.
    C'est possible uniquement en cas d'absolue nécessité pour la sécurité publique et si le fait peut entraîner une peine de niveau 2 ou plus grave.

    Les durées ne s'additionnent pas

    En cas d'arrestation administrative suivie d'une arrestation judiciaire (ou l'inverse), la privation de liberté ne peut pas dépasser 48 h.

    Les durées ne s'additionnent pas.

    Mineurs d’âge

    Les règles sont renforcées sur 4 points au moins.

    • La personne chargée de la surveillance du mineur est avertie automatiquement (parents, tuteur, etc.).
       
    • Le menottage est normalement interdit, sauf exceptionnellement, si c'est nécessaire pour le transfert, l'extraction ou la surveillance d'un mineur (suspecté d'infraction, ou privé de liberté judiciairement ou administrativement).
      Le menottage doit être le plus court possible.
      En cas de doute sur la majorité, on applique les règles des mineurs.

       
    • La fouille avec déshabillage complet est possible uniquement :
      • après une privation de liberté judiciaire ;
        et
      • avec autorisation du procureur du Roi ;
        et
      • avec une justification ;
        et
      • actée au procès-verbal et au registre.
         
    • Le mineur ne peut pas renoncer à avoir un avocat, même s'il le souhaite.
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