Droits Quotidiens s'associe à la "Carte blanche - 458bis : Non à l’obligation de signalement" signée par 300 associations et près de 2900 citoyens de Bruxelles, de Wallonie et de Flandre. En effet, le secret professionnel est le ciment qui permet d'ancrer la confiance tout en protégeant le travail social.
Une proposition de loi de la N-VA veut rendre obligatoire la dénonciation de certaines infractions.
Notamment si un enfant est victime de violences sexuelles.
C'est l'article 458 bis du code pénal qui règle ces questions de maltraitance.
Et pour l'instant, les professionnels (psychologues, infirmières, assistants sociaux, etc.) ne doivent pas dénoncer ces situations.
Ils peuvent le faire, mais uniquement à certaines conditions.
Pour plus d'informations, voyez notre fiche Dois-je lever le secret professionnel si un enfant est maltraité ?
Dangereux pour tous
Si on oblige les professionnels à dénoncer ces infractions, les auteurs et les victimes ne peuvent plus recevoir l'aide dont elles ont besoin.
Si elles savent qu'en se confiant, elles seront dénoncées, elles ne se confieront pas.
Elles n'oseront pas demander l'aide dont elles ont besoin.
Elles resteront seules avec leurs problèmes, et la situation risque de s'aggraver pour tout le monde :
- les victimes actuelles des violences ;
- les victimes potentielles et futures ;
- les auteurs des violences ;
- la société toute entière.
En voulant protéger les victimes de violence avec cette obligation de dénoncer, on provoquerait tout l'effet inverse : les violences augmenteront !
Garder la confiance
Pour pouvoir aider les personnes victimes et auteurs de violences, il faut garder le lien de confiance, entre ces personnes et les professionnels d'aide.
Cette confiance est nécessaire pour que ces professionnels puissent faire leur travail : aider les personnes en situation de maltraitance.
Ces professionnels peuvent aider ces personnes de nombreuses façons, sans dénoncer.
Si on les oblige à dénoncer les situations de maltraitance, c'est tout le système d'aide qui s'écroule, pour tout le monde.
Aider autrement
Droits Quotidiens, dans ses contenus et ses formations, défend un secret professionnel fort.
Le secret doit rester la règle.
Lever le secret, c'est l'exception. Et si on respecte les conditions des exceptions, les cas dans lesquels on peut lever le secret professionnel sont rares.
Tous les collaborateurs de Droits Quotidiens sont convaincus que les travailleurs psycho-médicaux-sociaux peuvent bien mieux aider les personnes en difficultés, en gardant le secret professionnel.
Sans ce secret, l'aide devient inefficace, et même impossible.
Ce n'est pas l'orientation que Droits Quotidiens veut donner à notre société.
