En ces temps de guerre, en Ukraine ou au Moyen-Orient, nous profitons de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes pour poser notre regard juridique sur quelques facettes de leur statut pendant les conflits.
Cette actualité a déjà été publiée dans les pages du trimestriel Axelle, média féministe belge, (n°266 - janvier/mars 2026), pour lequel Droits Quotidiens collabore, depuis de nombreuses années, à la rubrique "Nos droits".
Les femmes ont une protection particulière en temps de guerre. Vrai ou faux ?
Vrai.
Pendant un conflit armé, les femmes sont exposées à des problèmes spécifiques, comme la violence sexuelle ou des risques pour leur santé.
Les règles qui s’appliquent en temps de guerre (droit international humanitaire) offrent une protection particulière aux femmes.
Par exemple, lorsqu’elles sont détenues, les femmes doivent être placées dans des locaux séparés de ceux des hommes, pour éviter les agressions sexuelles.
Aussi, l’aide humanitaire doit accorder une attention particulière aux femmes enceintes, aux mères d’enfants en bas âge, et aux mères allaitantes.
Les conflits armés affectent de la même manière hommes et femmes. Vrai ou faux ?
Faux.
La guerre touche tout le monde, mais elle n’a pas les mêmes conséquences pour les hommes et pour les femmes.
Quelques exemples.
Les viols et autres violences sexuelles, très répandus en temps de guerre, touchent surtout les femmes et les filles.
Dans certaines cultures, les femmes peuvent voyager uniquement si elles sont accompagnées de leur mari ou d’un homme de la famille. Elles n’ont pas les documents d’identité personnels nécessaires pour passer les postes de contrôle et les frontières internationales. S’il y a un déplacement forcé, elles peuvent se retrouver bloquées, harcelées ou soumises à des fouilles corporelles humiliantes.
Parfois, la disparition des maris peut priver les femmes de statut dans la société : ni épouses ni veuves. Cela risque de les marginaliser.
À la fin de la guerre, les services de santé sont souvent détruits. Cela touche particulièrement les femmes, car elles sont enceintes, elles ont subi des violences sexuelles et ont besoin de soins pour soigner cela, etc. Sans ces soins, les femmes meurent en couches, ou font des complications.
Les femmes peuvent être reconnues réfugiés si elles fuient des violences sexuelles. Vrai ou faux ?
Vrai.
Le statut de réfugié est reconnu à toute personne qui craint d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son opinion politique ou de son appartenance à un groupe social.
Les violences sexuelles sont considérées comme une forme de persécution. Selon la situation dans le pays d’origine, être une femme peut être une appartenance à un groupe social.
Attention ! Pour que les femmes soient reconnues réfugiées, elles doivent aussi prouver que l’État ne peut pas ou ne veut pas les protéger. De plus, si elles ont déjà subi les violences sexuelles, elles doivent convaincre que si elles retournent dans leur pays d’origine, elles risquent à nouveau d’être persécutées (par des violences sexuelles ou par d’autres persécutions).
Les femmes migrantes et sans papiers subissent les mêmes formes de contrôle policier que les hommes. Vrai ou faux ?
Vrai.
Les règles pour contrôler l’identité sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes.
La police ne peut pas faire de discrimination basée sur le genre.
Par contre, certaines pratiques sont aménagées. Par exemple, une policière femme s’occupe de fouiller une femme (sauf si c’est une fouille superficielle, alors cela peut être un policier homme).
