Puis-je tout dire à mes collègues si nous travaillons en réseau ou en équipe pluridisciplinaire ?

Il faut être très prudent.

De plus en plus de personnes travaillent en équipe et échangent beaucoup d’informations à propos des personnes qui les consultent et de leurs dossiers.
On entend souvent parler du secret professionnel partagé, qui autoriserait cet échange d’informations.

Mais attention, le secret professionnel partagé n’est pas prévu dans la loi !
Aucune loi n’autorise expressément le partage d’informations couvertes par le secret professionnel avec ses collègues.

Or, les exceptions au secret professionnel doivent être prévues par une loi.

Mais plusieurs codes de déontologie de professions du secteur médico-psycho-social cadrent le partage d’informations.
Ces références peuvent être utiles, mais un code de déontologie ne peut pas être contraire à la loi.

Il faut respecter au minimum les conditions suivantes :

  • informer le bénéficiaire de la possibilité de la levée partielle du secret dans le cadre du travail en équipe ;
  • obtenir l’accord du bénéficiaire ;
  • partager le secret uniquement entre personnes elles-mêmes tenues au secret professionnel ;
  • partager le secret uniquement entre personnes travaillant dans le cadre d’une même mission ;
  • veiller à ce que la levée du secret ait une utilité, autrement dit qu’elle se fasse dans l’intérêt du bénéficiaire et que l’échange soit limité au strictement utile.

Quelques pistes pour vous permettre de respecter ce cadre.

  • Préservez l'anonymat quand c'est possible (il n'est pas toujours nécessaire de connaître l'identité de la personne pour éclairer un collègue sur l'aide à lui apporter).
     
  • Limitez-vous aux informations objectives et factuelles.
    Par exemple, l'assistant social de CPAS qui présente un dossier au Conseil de l'action sociale peut se limiter aux informations qui permettent au conseil de prendre sa décision et de vérifier que les conditions sont remplies.
    Pas besoin de partager au conseil des éléments de ressentis, ni de détails subjectifs, ni des confidences reçues qui ne sont pas pertinentes pour la décision du conseil.
     
  • Replacez toujours la personne au centre de vos préoccupations.
    Passez par elle si c'est possible. Rappelez-vous que l'important est de préserver la confiance qu'elle a en vous.
     
  • Imaginez ce que la personne ressentirait si elle vous entendait ou vous lisait: se sentirait-elle respectée, ou au contraire jugée, dénigrée, rabaissée?
     
  • Réfléchissez en équipe, aux meilleures façons de mettre en œuvre ces principes.

Attention : travailler avec des personnes tenues au secret professionnel ne vous permet pas de tout partager avec elles.

Pour plus d'informations, voyez le site du comité de vigilance en travail social, ou le site de la direction générale de l'aide à la jeunesse.

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