Arborescence
Normalement non.
Si vous démissionnez, l’ONEM considère que vous êtes en chômage volontaire.
Pour avoir droit au chômage, vous devez être en chômage involontaire : pour des raisons indépendantes de votre volonté.
Mais depuis le 1er mars 2026, vous pouvez recevoir des allocations de chômage après une démission, à certaines conditions.
C'est ce qu'on appelle le droit au rebond, ou la prime trampoline.
Pas d'allocations de chômage
Exclusion temporaire
Si vous démissionnez, vous risquez une sanction : une exclusion temporaire des allocations de chômage pendant 4 à 52 semaines.
Cette sanction peut être remplacée par un avertissement ou être accompagnée d’un sursis.
En pratique, la durée moyenne de l’exclusion est de 8,2 semaines.
Une fois cette période d'exclusion temporaire passée, vous pouvez recevoir des allocations de chômage pour le temps qu'il vous reste uniquement. Depuis le 1er mars 2026, le droit aux allocations de chômage est limité dans le temps. Vous avez droit aux allocations de chômage pendant minimum 12 mois et maximum 24 mois. Si vous avez démissionné et que l'ONEM vous exclut temporairement, vous avez droit aux allocations de chômage pendant la durée initiale de votre droit réduite de la durée de l'exclusion temporaire.
Exemple :
- Vous demandez les allocations de chômage le 1er juin 2026
- Vous avez droit aux allocations de chômage pendant 24 mois, donc jusqu'au 31 mai 2028
- Mais vous avez démissionné d'un emploi convenable, donc l'ONEM vous exclut temporairement pendant 8 semaines.
- Du 1er juin 2026 au 26 juillet 2026, vous ne recevez pas d'allocations de chômage (exclusion temporaire de 8 semaines)
- Vous avez à nouveau droit aux allocations de chômage à partir du 27 juillet 2026 jusqu'au 31 mai 2028
Exclusion pour une durée indéterminée
Vous pouvez être exclu pour une durée indéterminée si vous avez démissionné expressément pour recevoir des allocations de chômage et avec l'intention de rester au chômage.
Comment éviter la sanction ?
Justifier de bonnes raisons
Vous pouvez échapper à cette sanction, si vous prouvez que vous avez quitté un emploi non convenable.
L’ONEM peut prendre en compte certaines raisons.
Par exemple, le fait que l’employeur ne respecte pas ses obligations pour le bien-être des travailleurs et qu’il ne corrige pas cela malgré plusieurs demandes des travailleurs.
Si vous avez de justes raisons pour démissionner ou des circonstances particulières pour argumenter, vous pouvez demander un ruling à l’ONEM avant de démissionner.
L’ONEM rend alors une décision anticipée, précisant comment il vous sanctionnera si vous démissionnez (combien de semaines d’exclusion).
Cela vous permet de savoir à quoi vous attendre.
Pour plus d'informations, voyez :
- le site de l'ONEM
- la fiche A qui m'adresser si j'ai des questions sur mes futurs droits au chômage ?
Rupture de commun accord ?
Certains travailleurs s’arrangent avec leur employeur pour faire une rupture de commun accord, pour éviter la sanction du chômage.
Mais attention, une rupture de commun accord signifie que vous êtes d'accord : donc vous êtes en chômage volontaire.
Vous risquez la même exclusion que si vous démissionnez.
Licenciement ?
Certains travailleurs demandent à leur employeur de les licencier, pour éviter la sanction du chômage.
Ils indiquent généralement comme motif sur le C4 « ne convient pas ». Ce motif est assez neutre, mais l’ONEM contrôle que ce motif correspond à la réalité.
Vous devez pouvoir vous expliquer correctement lors de votre entretien avec l’agent de l’ONEM.
Il risque de considérer que vous n’avez pas perdu votre emploi pour des raisons indépendantes de votre volonté, s'il découvre que ce licenciement est une démission déguisée.
Convertir l'exclusion en allocations : droit au rebond
Depuis le 1er mars 2026, vous pouvez recevoir des allocations de chômage si vous démissionnez, à certaines conditions.
Conditions
Vous devez :
- avoir travaillé au moins 3 120 jours, donc environ 10 ans ;
- utiliser cette possibilité 1 seule fois sur votre carrière ;
- demander les allocations de chômage, puis :
- attendre la décision de refus de l'ONEM pour abandon d'emploi ou chômage volontaire (décision d'exclusion) ;
et - dans les 30 jours de cette décision de refus, demander la conversion de votre exclusion en allocations.
- attendre la décision de refus de l'ONEM pour abandon d'emploi ou chômage volontaire (décision d'exclusion) ;
Ce n'est donc pas automatique : vous n'avez pas automatiquement droit aux allocations de chômage si vous démissionnez.
Vous devez d'abord recevoir une décision d'exclusion, puis demander la conversion en prouvant que vous remplissez les conditions.
6 à 12 mois d'allocations
Si vous remplissez les conditions, vous pouvez recevoir des allocations de chômage pendant 6 mois maximum.
Ces 6 mois peuvent être prolongés une seule fois de 6 mois supplémentaires (donc pour 12 mois au total), si vous :
- commencez une formation pour un métier en pénurie dans les 3 mois qui suivent le moment où vous avez commencé à recevoir des allocations de chômage ;
et - terminez et réussissez cette formation.
Demander les allocations chômage
Même si vous êtes exclu des allocations de chômage parce que vous démissionnez, faites les démarches pour demander le chômage.
Pour plus d'informations, voyez la fiche Quelles démarches dois-je faire quand je me retrouve au chômage ?
Plus d'infos
Voyez :
- les fiches dans la rubrique Rupture du contrat de travail
- le site de l'ONEM
- le site du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale
